Stress des commerciaux : santé en danger !

En un peu plus de 35 ans, la profession a radicalement changé.

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En 1975, à l’apogée d’un cycle de conquêtes sociales qui existait depuis la fin de la guerre et juste au début de la crise qui allait voir l’avènement du néolibéralisme, nos aînés arrachaient face au patronat une victoire essentielle : l’Accord National Interprofessionnel Étendu pour les VRP.

Depuis, comme dans tous les secteurs, les patrons n’ont eu de cesse de chercher à revenir sur ce qu’un rapport de force défavorable les avait contraint à lâcher.

Ne pouvant pour des questions de légalité se dérober à leurs obligations envers leurs salariés VRP, ils ont décidé de contourner l’obstacle en faisant en sorte de nier la qualité de VRP à leurs salariés commerciaux.

Ainsi, depuis ces années, le nombre de salariés embauchés sous ce statut est en constante diminution, alors même que la fonction commerciale a connu un très fort développement.

Cette offensive patronale et surtout son succès ne peuvent se comprendre que dans le cadre de l’évolution des rapports de force qu’a amené la crise et son chômage de masse : La peur a changé de camp.

Le patronat et les différents gouvernements de cette période ont réussi une révolution dans les mentalités, remplaçant peu à peu les valeurs de solidarité par des rapports de concurrence entre les salariés.

Cette dégradation a permis des reculs sociaux dans l’ensemble du monde du travail, et les commerciaux, du fait même de la particularité de leur profession, ont souvent servi de laboratoire aux projets patronaux.

Travail hors du collectif, isolé, avec comme seul contact avec les collègues les réunions en présence de la direction, mise en avant de l’individualisme, concurrence pour l’obtention des primes, objectifs inatteignables qui fragilisent le salarié : tout a été fait pour que les commerciaux soient une main d’œuvre docile et qui participe activement à sa propre exploitation.

Mais cette politique rencontre ses limites :

D’après une étude datant de 2012 (étude effectuée par le site Jobmarketingvente.com) et venant à la suite d’autres études plus anciennes qui donnaient des résultats comparables, la réalité du travail vue par les forces commerciales est loin du tableau idyllique des « winners heureux » que veut nous imposer le patronat.

-48,6% des commerciaux estiment être mal rémunérés (+3,2% par rapport à 2011)

-46,4% trouvent leur charge de travail trop lourde (+ 1,9% par rapport à 2011)

-22,9% travaillent plus de 11 heures par jour ; 63,3% entre 8 et 11 heures !!!

Conséquence : le stress professionnel est en forte progression par rapport à 2011 : + 3,5 points à 80,3 %.

C’est l’atteinte des objectifs qui reste la raison numéro 1 du stress à 33,7 %.

-La charge de travail arrive en seconde position à 22,1 %

-La pression hiérarchique à 14,1 %

-L’ambiance au travail à 13,6 %.

Déjà, dans une étude de 1999 (lien), les conséquences du stress chez les commerciaux alarmait la médecine du travail :

L’étude portait sur une population cible de 220  » commerciaux  » comparée à une population témoin de 220  » non commerciaux « .

Résultats de l’étude comparative des 2 groupes :

Niveau d’anxiété VRP témoins
0-7 39% 56% normal
8-10 26% 24% état anxieux douteux
11-21 35% 20% état anxieux avéré

1 commercial sur 3 présente un niveau d’anxiété élevé contre 1 témoin sur 5.
Niveau dépressif.

moyennes VRP témoins
0-7 81% 94% normal
8-10 11% 6% état dépressif douteux
11-21 8% état dépressif avéré

on retrouve 3 fois plus de commerciaux à tendance dépressive que de témoins.

Indice de masse corporelle.

IMC VRP témoins
18.5-24.9 41% 56% poids parfait
25-29.9 42% 38% surpoids
30+ 17% 6% obésité

on retrouve 3 fois plus de commerciaux obèses que de témoins.
Consommation de tabac.

moyennes VRP    témoins
nombre de cigarettes/jour 7.89    3.23
non fumeur 58%    75%
1-15 cig/j 17%    18%
16+ 25%    7%

Divers.

Les commerciaux consomment plus d’alcool, plus de somnifères, ils dorment moins bien.
Les médecins enquêteurs ont retrouvé plus de pathologies, en particulier troubles lipidiques, ulcères et colopathies, dorsolombalgies.

A noter que dans les 35% de commerciaux dans un état d’anxiété avéré, 8% développaient un état dépressif parfois sévère !

Ces études démontrent qu’il y a bien une spécificité de la profession, et que celle-ci rencontre des problèmes communs quels que soient les domaines d’activités.

Elles démontrent également le besoin urgent de reconstruire un contre-pouvoir syndical puissant et efficace.

Les commerciaux d’aujourd’hui sont de plus en plus conscients du besoin de réformer la profession, à nous de leur donner les outils pour le faire, et de leur prouver l’efficacité de la démarche syndicale pour que leur métier ne soit plus synonyme de souffrance mais au contraire d’épanouissement.

 

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